Sofia Tahar
Titulaire d’un Master en Anthropologie de l’Université Catholique de Louvain (UCL), ainsi que d’un certificat interuniversitaire en sciences religieuses et sociales (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), Sofia Tahar est chercheuse dans le cadre d’une recherche interdisciplinaire, le projet NAGE, sous la coordination de Benedikte Zitouni (CESIR), Chloé Deligne (ULB - MMC) et Jean-Michel Decroly (IGEAT-ULB), portant sur la précarité hydrique et plus précisément l’accès aux piscines publiques sur le territoire bruxellois. Le premier volet de la recherche a permis de souligner la place de la non-mixité dans la pratique sportive féminine en Région de Bruxelles-Capitale, conséquence d’une succession de réalités du monde sportif. En effet, à l’issue de quinze entretiens semi-directifs, il s’avère que les questions d'âgisme, de validisme, de grossophobie, de dévoilement et de harcèlement sexuel ont été les moteurs du choix de la non-mixité.
Son mémoire de Master, sous la direction de Pierre-Joseph Laurent, est le fruit d’un processus ethnographique auprès de familles belgo-marocaines. Il s’efforce de vulgariser les processus de basculements dans et hors de l’islam en éclairant les racines plurielles qui peuvent nourrir une identité radicale, par une approche et une méthode anthropologique où le tournant ontologique permet une lecture des identités plurielles qui co-existent et co-évoluent. Lauréat du prix du mémoire de l’OCAM, il a été sélectionné de fait pour une publication dans la Revue Radices. Cette réflexion autour de l'islam l'accompagne dans le cadre du TFE du certificat interuniversitaire en sciences sociales et religieuses « La virilité, la masculinité en Islam et la rencontre coloniale dans cette construction identitaire », où dépassant la question des identités religieuses, elle aborde, avec sa binôme Odile Devaux, la masculinité subalterne à travers le regard colonial sur les corps racisés.
Enquêtrice au projet ROAM-BE (Research among People of African Origin in Belgium), sous la coresponsabilité de Bruno Schoumaker et Marie-Laure Flahaux (UCL), Sofia a exercé dans un contexte qui se veut à la frontière entre entretiens directifs et semi-directifs, dans le but de coupler les exigences de rigueur scientifique et de récolte de données avec une démarche nécessairement empathique, “non-extractive” et empreinte de souplesse afin de maximiser les résultats tout en veillant à la bonne perception de l’étude et de la démarche. Jonglant entre arabe, français et anglais, elle a dû faire preuve d’une adaptation constante sur un terrain suspicieux et prudent illustrant les enjeux du racisme en Belgique.