THÈSE DE DOCTORAT
Dans un contexte de relance minière européenne, cette recherche s’intéresse aux processus de connaissance et de cartographie des sous-sols wallons et ce, à partir d’un ancrage territorial spécifique : la vallée de la Gueule. Ces dernières années, les sous-sols de cette ancienne vallée minière sont, en effet, évoqués pour leur potentiel géologique concernant deux projets présentés comme incompatibles : la réouverture d’une mine métallique et celui d’un gigantesque téléscope souterrain. Prenant la forme d’une ethnographie territoriale de ce moment suspendu – où le devenir de la vallée semble intrinsèquement lié à la valorisation de certaines propriétés de ses sous-sols – cette thèse se donne pour objectif de saisir les dynamiques qui contribuent - ou au contraire font échouer – à la « mise en ressource » du territoire et interroge la manière dont cette fabrique de potentiel géologique frictionne avec la trajectoire socio-naturelle de celui-ci.
Par ailleurs, cette recherche entend réinscrire ce regain d’intérêt pour les profondeurs dans l’histoire environnementale de la vallée de la Gueule. Aujourd’hui, celle-ci a donné son nom à une réserve naturelle de plus de 50 hectares tandis qu’une
partie des haldes calaminaires subsistantes a également acquis le statut de réserve. L’analyse vise ici à saisir les processus qui ont abouti à cette surprenante reconversion et, plus largement, à interroger les héritages socio-matériels des activités extractives passées. Cette thèse entend ainsi ancrer territorialement le débat du « renouveau minier » mais également à le décloisonner temporellement. Dans les pas de la political geology, il s’agit de réintroduire du politique au cœur des processus de connaissance des sous-sols afin de contribuer à démocratiser le débat autour de leur devenir.