07 avril 2026
16h30 (Salle P02, bâtiment Préfecture, rez-de-chaussée)

UCLouvain Saint-Louis Bruxelles
Rue du Marais 119 (local P02, RDC bâtiment Préfecture)
1000 Bruxelles
Belgique

La prévention de la radicalisation en Belgique francophone. Une action publique réflexive à l'ombre du paradigme social-sécuritaire

Monsieur François Rinschbergh soutiendra publiquement sa thèse pour l’obtention du grade de doctorat en sciences politiques et sociales

François Rinschbergh

? UCLouvain Saint-Louis - Bruxelles 
(Local P02, rue du Marais 119, entrée parking, bâtiment Préfecture, rez-de-chaussée)

QUAND ? Mardi 7 avril 2026 (16h30)

INSCRIPTION ? Cliquez sur le lien du formulaire

 

Le jury est composé de :

  • Prof. Abraham Franssen (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), promoteur et secrétaire
  • Prof. Christine Schaut (Université libre de Bruxelles), promotrice
  • Prof. Yves Cartuyvels (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), président du jury
  • Prof. Jacinthe Mazzocchetti (UCLouvain), membre du comité d’accompagnement
  • Prof. Évelyne Baillergeau (University of Amsterdam), évaluatrice externe
  • Dr. Fabrizio Cantelli (Université libre de Bruxelles), évaluateur externe

La prévention de la radicalisation en Belgique francophone.  Une action publique réflexive à l'ombre du paradigme social-sécuritaire

Depuis son émergence en Europe il y a une vingtaine d’années, la notion de radicalisation a fait l’objet de nombreuses analyses et de fortes critiques émanant tant du monde académique que des acteur·rice·s de terrain. En dépit des reproches qui lui ont été faits, la notion semble pourtant avoir suscité un certain engouement. C’est du moins ce que suggère le succès politique et médiatique dont elle profita en Belgique (comme ailleurs), celle-ci ayant été à l’origine du déploiement de divers plans d’action et de dispositifs politico-administratifs censés aider à lutter contre le phénomène en question. Parmi l’abondante littérature sur le sujet, c’est bien souvent une certaine essence des politiques de lutte contre la radicalisation qui fut dévoilée, et ce, à partir de ce qui n’est pourtant qu’une conception particulière de cette action publique. Les analyses produites ces dernières années pourraient laisser penser que les initiatives menées en Belgique en matière de lutte contre la radicalisation se heurtent en effet toutes aux mêmes critiques récurrentes : focalisation sur l’islam, création d’une « communauté suspecte », effets contre-productifs, instrumentalisation sécuritaire d’acteur·rice·s du champ du travail social et éducatif à des fins de surveillance et de détection… Sans dénier ces réalités, la recherche propose d’élargir la focale afin de parvenir à questionner l’existence d’éventuels autres mouvements à l’œuvre dans le champ et d’en formuler une critique adaptée.

Mobilisant les outils de la sociologie de l’action publique et reposant sur une enquête de terrain combinant entretiens et observations ethnographiques, cette thèse entend apporter un éclairage empirique et théorique à propos de ce que la Communauté française de Belgique (Fédération Wallonie-Bruxelles) a entrepris dès 2015 dans le cadre de son Réseau de prise en charge des extrémismes et des radicalismes violents.

S’inscrivant dans le sillage de celles et ceux qui se sont intéressé·e·s à ce qui se fait au-delà de la suspicion/répression à l’œuvre au sein de ce champ de l’action publique, cette thèse révèle la persistance d’un référentiel de prévention non-stigmatisante, sociale et éducative, qui semble se maintenir malgré les fortes pressions exercées sur lui. Son déploiement, sous l’horizon d’une action publique se réclamant d’une forte ambition participative et subjectivante, s’est toutefois révélé plus ambigu que ne le laissent présager les discours (critiques ou enthousiastes) formulés à son égard : derrière les ambitions de réflexivité de cette prévention sociale et éducative, telles qu’elles se donnent à voir dans les animations observées en IPPJ, se profile une production de subjectivités silencieuses interrogeant les prétentions d’un dispositif de prévention qui, jouant sur les affects, tend finalement moins à faire participer qu’à laisser sans voix.