UCLouvain Saint-Louis Bruxelles
Rue du Marais 119 (local P61, 6è étage)
1000 Bruxelles
Belgique
Science controversies. Or, why truth is discursive, too. Avec Johannes Angermuller (Milton Keynes - UK)
Avec Johannes Angermuller, Professor of Discourse, Languages and Applied Linguistics at Open University (Milton Keynes - UK)
OÙ ? UCLouvain Saint-Louis - Bruxelles
(Local P61, rue du Marais 119, entrée parking, bâtiment Préfecture, 6ème étage)
QUAND ? Mardi 31 mars 2026 (10h - 12h30)
INSCRIPTION ? Cliquez sur le lien du formulaire
Quelle différence cela fait-il qu'un discours s'avère vrai ou faux ? C’est une question centrale des enjeux actuels sur la vérité, le mensonge et la post-vérité dans le discours public. La controverse climatique en est un exemple révélateur, où des connaissances scientifiques bien établies sur les causes et les effets du réchauffement climatique ont été vivement critiquées par ceux qui les dénoncent comme simple discours de gauche. Dans ce contexte, il semble curieux que beaucoup de chercheurs en analyse de discours s'en tiennent à l'idée que ce type de discours ne doit être considéré ni comme vrai ni comme faux. Dans ce séminaire, Johannes Angermuller souhaite proposer de nouvelles orientations pour les études du discours en plaidant en faveur d'une approche radicalement discursive qui reconnaît la hiérarchie entre les discours vrais et faux tout en s'interrogeant sur la manière dont les vérités et les contre-vérités sont discursivement construites.
Son analyse empirique s'appuie sur les controverses relatives aux changements atmosphériques induits par l'activité humaine, depuis l'appauvrissement de la couche d'ozone dans les années 1970 et 1980 jusqu'à la panique liée aux pluies acides en Allemagne dans les années 1980, en passant par la science climatique depuis les années 2010. Ses exemples témoignent de la dynamique complexe et parfois surprenante du discours dans lequel s'établit la (contre-)vérité de certaines affirmations. Inspirée par les études sur les sciences et les technologies, son approche défend à la fois la valeur épistémique et sociale des discours, en y articulant les composantes linguistiques, sociales et matérielles. Dans cette perspective, le discours désigne une pratique socio-épistémique consistant à valoriser ou dévaloriser les locuteurs et leurs affirmations sur le monde matériel. Dans ce contexte théorique, les controverses sur les émissions mondiales de gaz nous rappellent que les discours ne deviennent pas vrais simplement parce que beaucoup de gens affirment qu'ils le sont. Les chercheurs en analyse de discours gagneraient plutôt à reconnaître que certains discours sont plus vrais que d'autres, dans la mesure où tous n'articulent pas les éléments matériels et immatériels de la même manière pour résister à l'épreuve du temps.
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What difference does it make for a discourse to turn out true or false? This question has become of pressing relevance in ongoing struggles over truths, untruths and post-truths in public discourse today. The climate controversy is a case in point where well-established scientific knowledge about the causes and effects of global warming has met with vocal criticism from those who denounce it as another leftist discourse. In this situation, it seems curious that mainstream discourse researchers stick to the idea that as such discourse should be taken as neither true nor false. In this talk, Johannes Angermuller wants to propose new directions for Discourse Studies by making the case for a radically discursive approach that acknowledges the hierarchy between true and untrue discourses while asking how both truths and untruths are constructed discursively.
His empirical discussion is based on the controversies over human-driven changes of the atmosphere, from the depletion of the ozone layer in the 1970s and 1980s to the acid rain panic in Germany of the 1980s and climate science since the 2010s. His examples testify to the complex and sometimes surprising dynamics of discourse in which the truth (or untruth) of certain claims are established. Inspired by Science and Technologies Studies, his approach defends both the epistemic and social value of discourses, articulating linguistic, social and material components. Discourse, in this view, designates a socioepistemic practice of valuing and devaluing the speakers and their claims about the material world. Against this theoretical background, the controversies over global gas emissions remind us that discourses do not become true simply because many people say they are true. Instead, discourse researchers would do well to acknowledge that some discourses are truer than others since not all discourses articulate material and non-material elements in ways that equally stand the test of time.
